Photo de la semaine 2012 
Une photographie, plusieurs histoires
L'Ambassadeur photographique d'ESO, Babak Tafreshi a photographié cette fantastique image du ciel au-dessus de l’Observatoire ESO à Paranal, montrant une multitude d’objets lointains.
Le plus évident d’entre eux est la fameuse Nébuleuse de la Carène, resplendissant intensément rouge au centre de l’image. La Nébuleuse de la Carène se trouve dans la Constellation de la Carène, à environ 7500 années-lumière de la Terre. Ce nuage scintillant de gaz et de poussière est la nébuleuse la plus lumineuse dans le ciel et elle contient les étoiles les plus massives et lumineuses de la Voie Lactée, telle que Eta Carinae.
La Nébuleuse de la Carène est le parfait exemple de laboratoire pour les astronomes afin de découvrir les mystères de la naissance et de la mort violentes des étoiles massives. Pour voir de merveilleuses images récentes de la Nébuleuses de la Carène faites par ESO, voir eso1208, eso1145 et eso1031.
Au-dessous de la Nébuleuse de la Carène, on peut distinguer l’amas de la Fontaine des Désirs (NGC 3532). Cet amas ouvert de jeunes étoiles s’appelle ainsi car à travers l’objectif du télescope, il ressemble à une poignée de pièces qui brillent au fond d’une fontaine des désirs. Plus à droite, on trouve la Nébuleuse Lambda Centauri (IC 2944), un nuage resplendissant d’hydrogène et d’étoiles nouveau-nées qu’on appelle parfois la Nébuleuse du Poulet qui Court de part sa forme aviaire que certains croient distinguer dans sa région la plus brillante (voir eso1135).
Au-dessous de cette Nébuleuse se trouvent les Pléiades du Sud (IC 2632), un amas ouvert d’étoiles semblable à son homonyme du Nord.
Au premier plan, on distingue trois des quatre télescopes auxiliaires (TA) du Very Large Telescope Interferometer (VLTI). Grâce au VLTI, les TA – ou les télescopes de 8 mètres du VLT – peuvent être combinés pour devenir un seul télescope géant pouvant fournir plus de détails qu’un unique télescope ne le pourrait. Le VLTI est utile pour une vaste gamme de recherches allant de l’étude des disques circumstellaires autour des jeunes étoiles et des noyaux actifs de galaxies, un des phénomènes des plus énergétiques et mystérieux de l’Univers.
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Construire la résidence de Paranal - de la turbulence à la tranquilité
ESO fête ses 50 ans cette année et pour célébrer cet important anniversaire, nous vous montrons des bribes de notre histoire. Courant 2012, à raison d’une fois par mois, une comparaison spéciale d’ESO Avant et Aujourd’hui des "Photos de la semaine" montreront comment les choses ont changé au cours des décennies pour les sites des Observatoires de La Silla et Paranal, aux installations de Santiago du Chili et au Quartier Général de Garching bei München en Allemagne.
Avec la paire de photographies de ce mois, prises à l’Observatoire d’ESO au Paranal dans le désert chilien d’Atacama, nous comparons un chantier de construction en activité, tel qu’il apparaissait en Novembre 1999, et à ce jour: le bâtiment d’hébergement de l’Observatoire, connu comme la "Résidence de Paranal". Imaginez le changement entre ses deux époques: les bruits retentissants des marteaux-piqueurs, des perceuses, des tracteurs et des grues ont laissé la place au calme paisible d’un bâtiment mettant en valeur son environnement. Construit avec des matériaux et des couleurs naturels, niché dans une dépression existante du terrain, l’édifice terminé s’intègre parfaitement au paysage.
La Résidence fut construite comme un refuge pour les astronomes et autres employés devant travailler dans un des plus difficile environnement imaginable où l’extrême sécheresse, l’intense radiation ultraviolette du soleil, les forts vents et la haute altitude font partie de la vie quotidienne. Les entreprises qui ont construit la Résidence, bien que travaillant dans des conditions hostiles, ont ainsi créé une oasis très appréciée dans ce désert permettant au personnel de l’Observatoire de se mettre à l’abri de cet environnement aride. Le bâtiment est l’aboutissement de ce dur travail.
Cette Résidence primée compte plus de 100 chambres, ainsi que des espaces communs comprenant une salle-à-manger, un salon, une piscine, un centre de fitness et une bibliothèque. Elle bénéficie également de vue spectaculaire depuis sa façade ouest à travers le désert en direction de l’Océan Pacifique et du soleil couchant.
On remarquera également un autre élément dans ces deux photographies: à l’arrière de la Résidence, au sommet du Cerro Paranal, à 2600 mètres au-dessus du niveau de la mer, se trouve le Very Large Telescope (VLT) de l’ESO. Il s’agit de l’Observatoire astronomique le plus avancé au monde dans le domaine de la lumière visible et la raison pour laquelle la Résidence et tous ceux qui y séjournent sont là!
Un endroit pour dévoiler les mystères de l'univers froid.
Cette magnifique photo panoramique prise par Babak Tafreshi, un ambassadeur photographique d'ESO, montre les derniers rayons de soleil baignant le plateau de Chajnantor dans la région du désert d'Atacama au Chili. Le plateau est le domicile du télescope Atacama Pathfinder Experiment (APEX), que l'on peut apercevoir à gauche du panorama. Depuis cet endroit lointain à 5000 mètres au-dessus du niveau de la mer, APEX étudie "l'univers froid".
APEX est un télescope de 12 mètres de diamètre qui observe la lumière à longueurs d'onde millimétriques et sub-millimétriques. Les astronomes qui observent avec APEX peuvent voir des phénomènes qui seraient invisibles à des longueurs d'onde plus courtes. Le télescope leur permet d'étudier les nuages moléculaires - de denses régions de gaz et de poussières cosmiques où les nouvelles étoiles naissent - qui sont noirs, assombris par la poussière dans la partie visible et infrarouge de la lumière, mais qui peuvent être très lumineuses à des relativement plus grandes longueurs d'onde. Les astronomes utilisent cette lumière pour étudier les conditions chimiques et physiques dans ces nuages. Cet intervalle de longueur d'onde est aussi idéal pour étudier quelque unes des galaxies plus jeunes et plus distantes de l'univers.
Depuis le début des opérations en 2005, APEX a produit un grand nombre d'importants résultats scientifiques. Par exemple, APEX s'est associé au Very Large Telescope de ESO pour déceler de la matière déchirée par le trou noir au centre de la Voie Lactée (eso0841), un résultat qui compte parmi le top 10 des découvertes astronomiques d'ESO ESO Top 10 Astronomical Discoveries
Des amas de "penitentes" blancs sont visibles sur le sol atour d'APEX. Les "penitentes" (espagnol pour pénitents) sont un curieux phénomène naturel trouvé dans les régions de haute altitude, typiquement à plus de 4000 mètres au-dessus du niveau de la mer. Ce sont de fines pointes de neige durcie ou de glace, avec leur lames dirigées vers le soleil et qui atteignent de quelques centimètres à quelques mètres de hauteur.
APEX est une collaboration entre le Max Planck Institute for Radio Astronomy (MPIfR), l'Onsala Space Observatory (OSO) et ESO. Le fonctionnement d'APEX à Chajnantor est confié à ESO.
L'antenne de 12 mètres de diamètre d'APEX est aussi un prototype pour un autre télescope, l'Atacama Large Millimeter/submillimeter Array (ALMA). ALMA aura une panoplie de 54 antennes de 12 mètres et 12 antennes de 7 mètres quand il sera terminé en 2013. ESO est le partner européen dans ce complexe astronomique international, qui est une association entre l'Europe, l'Amérique du Nord et l'Asie de l'est, en collaboration avec la république du Chili.
En savoir plus sur:
Les ambassadeurs photographiques d'ESO.
Crédit: ESO/B. Tafreshi (twanight.org)



